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Accepter de ne pas aller bien, la clef pour aller bien

21/03/2019

Accepter de ne pas aller bien, la clef pour aller bien

 

Pendant des années, j’ai considéré le fait de ne pas aller bien comme un problème. Et ça me paraît raisonnable : on ne va quand même pas se réjouir d’avoir mal à la tête, de se sentir anxieux ou pas à la hauteur, ou de tout autre truc négatif qui nous tombe sur le coin du museau.

 

Ne pas se sentir bien, peu importe la raison, c’est nul, alors, on fait ce qu’on peut pour éviter, on est d’accord ?

 

Sauf que. Je commence à me demander si cette manière de voir la chose n’est pas à la racine du problème. Pour être plus direct : essayer d’aller mieux (à tout prix) est ce qui nous empêche d’aller bien.

 

Suis mon raisonnement deux secondes.

 

D’abord. Entendons-nous rapidement sur “ne pas aller bien” : le spectre est large, très large.

  • Ça peut être intérieur (une émotion négative qui nous tourne autour) comme extérieur (des sensations physiques désagréables).

  • Il peut y avoir une cause identifiée (une anxiété liée à un examen, un mal de dents) ou très vague (une sensation diffuse de ne pas être à la hauteur).

  • Ça peut durer quelques minutes (une sensation d’impuissance face à un transport en commun qui a du retard) ou durer (une tristesse qui s’étire sur plusieurs semaines ou mois).

  • Le mal-être peut être aigu (une crise d’angoisse) ou diffus (un sentiment latent d’inconfort, de quelque chose qui ne colle pas).

 

En un mot : “ne pas aller bien”, ça peut prendre 1001 formes.

 

Mais revenons à nos moutons. En observant mon petit monde intérieur, je me rends compte qu’il y a au moins un point commun à tous ces mal-êtres, petits et grands. C’est ma réaction.

 

Question à mille francs : quelle est ta réaction à toi, quand l’anxiété te prend les tripes, quand tu te sens nul nul nul parce que tu n’as rien fichu de la journée, ou tout simplement quand tu as une gastro ?

 

Je te parie tout l’argent dans mes poches que c’est une réaction de rejet.

 

Observe bien. On essaie de résoudre l’émotion négative, ou la combattre, ou la fuir. En un mot : on fait ce qu’on peut pour aller mieux. Et en faisant ça, on zappe complètement le mal-être, on ne l’écoute pas, et on essaie de le remplacer par quelque chose de plus agréable.

 

Et j’ai bien l’impression que c’est ça qui fait qu’il reste.

 

Exemple. L’autre jour, je ressentais de l’ennui. Pas l’ennui gentil, celui du doux désoeuvrement dominical, à bailler dans un canapé. L’ennui méchant, profond, celui qui te dit : “à quoi bon ? Qu’est-ce que tu fiches dans ce métier ? Tu perds ton temps !” Ce n’est certes pas une émotion violente, mais fichtrement désagréable. Et qui se pointe souvent avec ses amies la déprime et la culpabilité.

 

Bref, je ressentais ça. Et ma première réaction : réfléchir aux causes de l’ennui. Puis faire un tour, s’aérer. Puis travailler, être occupé. Dans l’ordre : résoudre le problème. Fuir le problème. Combattre le problème. Mais dans tous les cas : aller contre.

 

Et tout d’un coup, j’ai pris conscience de cette manière particulière de réagir au négatif. Je passe ma vie à aller contre ce qui est inconfortable, pénible, ou douloureux. Ça va du pianotage sur son téléphone à un arrêt de bus pour fuir la sensation d’ennui, à l’attitude de combat absolu face à la crise d’angoisse qui monte.

 

Or, s’il y a une leçon que j’ai tirée de l’anxiété, c’est qu’aller contre ne fait que la renforcer. Et que l’accompagner, lui tenir la main, lui faire une petite place...la calme grandement.

 

Je fais donc l’hypothèse qu’il en est de même pour toutes les émotions négatives, inconfort et douleurs en tous genres.

 

J’ai déjà dit que je considérais la peur un peu comme l’eau froide. C’est en apparence très désagréable, mais en vrai, tout à fait supportable, et si on se laisse faire, on peut même y trouver quelque chose de positif. Ce matin donc, je me suis livré à une expérience : j’ai progressivement coupé l’eau chaude sous la douche. Pas pour les bienfaits pour la circulation sanguine, ça je le faisais déjà. Mais pour voir ma réaction intérieure, et voir si je peux l’influencer.

 

Première réaction : rejet. Je me mets sur le côté, je peste. Punaise que c’est froid. Et puis j’y retourne, mais en soufflant : je supporte. Je me rends compte combien c’est tarte à dire, mais peu à peu, j’ai accueilli l’eau froide. Et en fait, 15 degrés, c’est assez sympa quand on s’y attend, quand on l’accepte.

 

Et si on faisait pareil pour tout le reste ?

 


 “Dans l’aise ou dans la gêne, tiens-toi droit et souris” Lanza del Vasto

Lanza del Vasto était un philosophe, mystique, militant de la non-violence disciple de Gandhi. Son enseignement est d’une grande puissance, même si un peu radical à mon goût (il a un côté bien monastique, à la dure).


 

Accepter d’aller mal ?

 

Essayons.

 

1) Commençons simple. Observe les symptômes, physiques et psychiques, du mal-être. Un coup de déprime se pointe ? Observe, très concrètement, les symptômes physiques. Tu es tout rabougri ? Tu as l’estomac tordu ? Tu manques d’énergie ?

 

2) Observe les pensées qui accompagnent le mal-être. Qu’est-ce que tu te dis ? Que tu es nul ? Que tu n’y arriveras pas ? Que tu aimerais avoir X, Y ou Z dans ta vie ?

 

3) Accepte la présence du mal-être. Essaie de lui faire une petite place. Regarde les sensations physiques et les pensées qui accompagnent en face. Malgré ce qu’elles disent, je te promets -promets- qu’il ne t’arrivera rien. C’est comme l’eau froide. Au début, c’est fat désagréable. Et puis, si tu t’y ouvres volontairement au lieu de te plaquer sur le côté de la douche, le désagrément disparaît. Ne reste plus que la sensation, neutre.

 

Est-ce à dire qu’il faut se réjouir de se sentir mal ? Certainement pas. C’est emmerdant, l’inconfort et la douleur. Tout comme la pluie est emmerdante quand on est à vélo en rase campagne. Mais 1) si quelqu’un à une une idée plus raisonnable que d’accepter la pluie, je prends 2) peut-être n’est-ce pas si désagréable que ça ?

 

Conclusion donc : accepter -authentiquement, pas par stratégie- de ne pas aller bien. Et avec cette attitude, par un mécanisme mystérieux, la porte s’ouvre.

 

Les religions orientales -bouddhisme, taoisme, zen- ou un Krishnamurti diraient d’observer ce qui est, sans juger. Les chrétiens diraient de s’en remettre à la volonté divine. Les chantres du développement personnel nous diraient de lâcher prise. Mais on sait tous que tout ça, c’est la même chose.

 


 “Et moi je vous dis de ne pas résister au méchant” Jésus de Nazareth

Jésus était un sage, médecin, enseignant et activiste du 1er siècle après lui-même. La plupart de ceux qui se sont réclamés de lui n’ont pas beaucoup compris son message, pourtant magistral si on se donne la peine d’en comprendre l’esprit.


 

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